Les QUATREVIEUX

Voyages en 4x4 et Astronomie

Turquie été 2002 :

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Le récit complet de notre voyage dans l'Est de la Turquie.

 

Euphrate


 

Nous partons le 5 juillet en direction d'Ancône pour prendre le bateau vers Igoumenitza. Nous avons pris la formule open-deck, ce qui permet de dormir et manger dans le véhicule (possibilité de se relier au 220 V via une prise européenne de camping-car), ce qui réduit fortement le coût du transport. Il ne faut pas faire la même erreur que nous à l'embarquement. Ils placent les campings-cars ensemble et ont cru que notre Land n'était qu'un simple véhicule non prévu pour dormir dedans. Ils nous ont donc placés au bout du pont à côté d'un camion frigo. En conclusion, il ne faut pas hésiter à demander de se placer à côté des campings-cars (ce que nous avons fait au retour). La traversée dure 15 heures. Nous débarquons en Grèce puis direction la frontière turque. Attention, la route menant vers l'Ouest est sinueuse et très fréquentée par les camions. Il y a beaucoup de lignes blanches et la police attend souvent en haut de la colline les personnes pressées (ils y ont une vue imprenable sur une grande portion de la route).

greceA l'approche de Thessalonique, l'autoroute (gratuite) se transforme en voie rapide, en fait, l'autoroute n'est pas finie. Il n'y a qu'une route de faite sur les deux. Mais habitués que ce soit une autoroute, les autochtones ont décidé d'utiliser cette deux voies comme une 4 voies. Il faut donc rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, réservée aux véhicules roulant moins vite. Mais attention quand celle-ci disparaît à l'approche d'un pont, ça n'empêche pas de se faire doubler avec une voiture en face.

Après 1800 km depuis Cavaillon, nous arrivons à la frontière turque. On entre dans la première guitoune pour vérifier les passeports et enregistrer la voiture. Les douaniers nous offrent le çay (thé), du pain et des olives. Ces premières vérifications faites, il faut faire tamponner les passeports dans l'algéco (police) à l'entrée de la douane. Ensuite direction la douane où il faut payer la taxe d'entrée et de sortie du véhicule avec le triptyque (8 €, payable en LT ou en €), au niveau des bureaux en face de l'entrée à droite. Puis passage à la douane, petit bureau fermé à droite de l'entrée pour viser les passeports et le triptyque du véhicule. A l'extérieur du bâtiment se trouvent des banques pour le change. Ensuite, sortie de la frontière avec un contrôle dans la dernière guitoune où ils vérifient que tous les papiers sont en règle.Hilara Le passage à la douane a duré moins d'une heure, ne sachant pas dans quel ordre il fallait passer les différents bureaux, pause çay compris. Nous prenons la direction d'Istanbul à la recherche d'un camping. Nous le trouvons en début de nuit, il est cher (15€) et très bruyant car placé en bordure de la piste d'atterrissage.

Sur ce camping, nous rencontrons un français en Land 110 parti faire un tour en Turquie avec son fils (c'est un habitué de la Turquie). Nous discutons la soirée avec lui, et hasard des choses nous venons à parler d'un jeune qui avait entrepris de partir d'Annecy pour rejoindre Le Cap en Land 110. Nous avions rencontré cette personne lors de notre retour vers la France à Chefchaouen, au Maroc l'an dernier. Nous avons ainsi appris, malheureusement, son décès. Il s'est reçu une balle perdue lors d'une manifestation au Nigeria devant une banque …(nous pouvons renouveler ici les consignes de prudences pour traverser certains pays et, entre autres, d'éviter les rassemblements et manifestations de certains pays instables). En dehors de cette mauvaise nouvelle, il nous informe sur les difficultés que nous rencontrerons dans l'Est du pays (contrôles de police, bivouacs déconseillés, …). Le lendemain matin, nous traversons le Bosphore, pour atteindre la mer noire. La route est étroite et sinueuse, étant très verdoyante avec une végétation luxuriante, ou aride, selon le versant de la montagne qui longe la mer noire. Le soir, nous nous arrêtons dans un petit terrain de camping au bord de la mer noire, où nous trouvons un couple de français, Matérina et Sylvain, partis faire un tour du monde en BJ75.

Mer NoireCela fait 6 mois qu'ils sont en Turquie et nous avertissent des déconvenues qu'ils ont eues dans le pays. Un contrôle de police musclé avec interrogatoire et un réveil à la kalachnikov à 2 heures du matin par le (ex) PKK nous laissent perplexe pour la poursuite de notre séjour. Nous décidons avec Valérie de revoir notre parcours. Maté et Sylvain nous conseillant de ne pas bivouaquer dans l'Est du pays, ni d'emprunter les pistes et de faire les gorges de l'Euphrate à deux véhicules, nous descendons vers la frontière syrienne au lieu de continuer le tour par la mer noire puis descendre vers la frontière iranienne.

FauchagePendant ce temps, nous contactons Pascal et sa famille, ils avait comme projet de visiter les gorges de l'Euphrate. On se donne rendez-vous à Ihlara. Ensuite, nous nous dirigeons vers Bogaskale, par une piste.

 

HittiteNous visitons le site Hittite le lendemain, il y a très peu de touristes, nous sommes seuls à visiter la capitale des Hittites (autre grande civilisation contemporaine des égyptiens). Nous rejoignons Pascal à Ihlara (en bordure de la Cappadoce), il n'est pas encore arrivé, nous nous amusons dans les pistes et trouvons une petite basilique byzantine, loin des sentiers touristiques. Nous retrouvons Pascal et nous décidons de se retrouver plus tard à Kahta pour effectuer les gorges de l'Euphrate. Le matin, nous visitons les gorges d'Ihlara (à pied), les églises troglodytes sont magnifiques (site à voir), puis direction la frontière syrienne. Le Eglise troglodytesoir, nous décidons de bivouaquer dans les monts Erciyes. Nous nous installons entre les champs de blés sentant bon le thym. Nous préparons le repas des enfants et nous reposons. Vers 19 heures, passage d'un tracteur, avec ses passagers qui nous font de grands saluts. Entre 21 et 22 heures, défilé incessant de troupeaux de moutons, encadrés par des Kangals. Le Kangal est un gros chien de berger (50 kg) de couleur fauve et museau noir, capable de courir jusqu'à 70 km/h, d'où un thorax rappelant celui des guépards (pour les plus maigres). Ils sont munis d'un collier à pointes pour protéger leur cou des morsures, car leur fonction est de protéger le troupeau de tout intrus, principalement les loups et les ours. Le dernier berger passant nous demande de l'eau et laisse derrière lui 4 Kangals. Deux s'en vont rapidement, mais les deux autres restent et l'un d'eux fait constamment le tour de la voiture. Le manège dure 10 minutes, je m'inquiète un peu devant les deux molosses, quand je réalise qu'ils étaient attirés par les jarrets aux lentilles qui mijotaient sur le feu. J'ai bien cru leur donner notre repas mais ils décident enfin de rejoindre le troupeau.

Cinq heures du matin, nous sommes réveillés par le même troupeau, nous discutons un peu avec le berger. Il nous donne des indications pour prendre les pistes afin de traverser la montagne. Chose curieuse chez les Turcs, moins vous comprenez ce qu'ils disent, plus ils parlent forts, donc, vous apprenez rapidement à répondre " tamam, compris " pour protéger nos fragiles oreilles, en espérant que les autres ont compris… Nous partons à 8 heures avec le but de franchir la montagne. Nous trouvons un village en ruine habité par les Yaylas (tentes nomades). Nous trouvons une piste ayant le bon cap (rien n'est marqué sur la carte IGN). Nous montons jusqu'à 2200 m, malheureusement la piste s'arrête dans les alpages, seuls les nomades montent.

Monts Erciyes Demi-tour jusqu 'au village, nous prenons une autre piste moins marquée et plus trialisante, j'y laisse quelques morceaux de pneu, il faut aussi faire attention aux touffes d'herbes entre les deux traces de roue, elles cachent souvent de gros cailloux, l'un d'eux vient frapper la boule de pont. Après quelques demi-tours dans des culs de sacs, nous arrivons au col et voyons l'autre côté de la vallée. Nous y rencontrons une famille de nomades en Yayla. La mère nous interpelle, mais nous n'avons pas compris ce qu'elle disait. Nous essayons de descendre la piste légèrement ravinée. J'ai un doute, je continue à pied. 300 m plus loin la piste est coupée par un énorme trou, une rivière l'a emportée. C'est ce que la mère de la famille nomade avait essayé de nous dire, même le père avec son tracteur ne pouvait pas passer. Nous faisons demi-tour en direction d'Iskendrerun. Nous cherchons le terrain de camping signalé par le lonely-planet, nous ne trouvons qu'un parc à jeux pour les enfants.

Vallée AntiocheNous décidons de prendre une piste qui traverse la montagne en direction d'Antioche pour y faire un bivouac. Bon bivouac avec vue sur la mer depuis la montagne, nous passons une bonne nuit. Le lendemain, nous continuons la piste en direction d'Antioche avec de beaux passages dans les pins et de belles vues sur des vallées vertes. La piste est récente, on voit l'ancienne en léger contrebas, et il y a de nombreuses traces de pneus. Nous faisons un point GPS pour se localiser sur la carte, surprise, nous nous trouvons exactement entre les deux pistes marquées sur la carte au fond d'une vallée. Nous ne voyons pas d'autre piste et nous sommes bien sur une montagne ? ? Nous continuons et juste avant de basculer sur l'autre versant, la piste est coupée par un passage de gros blocs de pierres sur 20 m. Il semblerait que la piste soit en rénovation, cette portion n'étant pas finie, seuls les blocs servant aux fondations de la piste ont été posés.

Eglise AntiocheNous faisons de nouveau demi-tour, puis direction Antioche par la route pour une visite. En fin de journée, nous partons en direction de la frontière syrienne, puis à la recherche d'un bivouac dans la montagne (côté Syrie cette fois-ci). Nous nous engageons sur une petite piste. Un turc dans son champ nous arrête pour discuter de sites hittites découverts dans son champ. Il nous offre des raisins et des figues. Il ne veut pas nous lâcher et nous ne comprenons pas grand- chose à ce qu'il raconte. Mais nous arrivons à comprendre que le coin n'est pas sûr à cause de la proximité de la Syrie (des français ont été massacrés dans les environs, il y a quelques années, un camping-car allemand stationné juste à côté a été délogé par la police récemment). Il nous conseille vivement de dormir sur le parking d'une station-service ouverte 24h/24h.

Nous prenons l'autoroute en direction d'Harran et nous nous arrêtons sur une aire éclairée par un lokanta (bon repas pour 44 FF). Après une bonne nuit en sécurité, les militaires surveillaient le parking en passant à fond avec leur R12, nous nous dirigeons vers Sanliurfa. Depuis Antioche c'est l'orient, la conduite se dégrade, il faut des yeux partout, surtout à Sanliurfa, où ils ne respectent rien, ni les feux, ni le sens de la circulation, ni les sens interdits. Nous trouvons enfin la direction d'Harran. Les paysages devaient être désertiques, mais avec le barrage Ataturk, le désert a fait place aux champs de coton, grâce à l'irrigation.

HarranNous arrivons à Harran, avec ces maisons typiques et leur toit en termitière. Nous cherchons le camping indiqué par le lonely-planet en face de la jandarma. Il y a effectivement un parc à jeux pour enfant, mais point de camping, nous atterrissons chez un habitant. SumatarNous visitons dans l'après- midi, sous une forte chaleur (45°C) le site de Sumatar avec le père de la famille comme guide . Nous prenons un thé sur place. Nous nous apercevons, mais trop tard, qu'ils le coupaient avec de l'eau froide du barrage, attention, les premières gastros de l'Est arrivent… Le soir, nous nous couchons dans le Land,Lit après un repas léger (l'estomac commence à se faire sentir), pendant que nos hôtes préparent leurs couchages dehors sur des lits d'un mètre de haut. Le lendemain, après une visite de la ville et de sa forteresse, nous partons vers Kahta rejoindre Pascal.

Nous les retrouvons dans un hôtel restaurant camping, où la nourriture est spéciale gastro. Nous nous organisons et nous décidons de chercher une piste afin d'arriver au Nemrut Dagi par la face Nord Piste Nemrut(l'accès est plus rapide

à pied et le terrain plat pour le bivouac). Après une séance de jardinage, Pascal demande son chemin à un passant, erreur, ils ne comprennent pas notre désir de rejoindre le Nemrut Dagi par les pistes et nous ramènent systématiquement sur le goudron. Un conseil, toujours demander la direction du village le plus proche et non sa destination. L'heure avance et nous Piste Nemrutsommes contraints d'arriver au Nemrut Dagi par la face Sud. Le site du Nemrut Dagi est impressionnant, mais petit. Il y a beaucoup de monde pour assister au coucher et lever du soleil. Les quelques photos de dépliants touristiques que l'on voit montrent en fait l'ensemble du site et il n'y a rien d'autre à voir. C'est un site à voir, de préférence Nemrut Dagidans la journée si on préfère la solitude au tourisme de masse, mais qui ne justifie pas un grand détour à lui seul. Après avoir assisté au lever de soleil, nous partons vers Malatya par les pistes, les paysages sont sublimes. Je pense qu'il est facile de trouver la piste du Nemrut Dagi depuis Malatya.

 

 

 

 

 

 

Nous faisons de très beaux bivouacs, surplombant l'Euphrate ou en bordure du barrage.

Gué Nemrut

Nous attaquons la zone la plus impressionnante de notre voyage, la rive gauche de l'Euphrate. Nous franchissons le barrage avec un bac, à Pertek. L'ambiance change, nous voyons passer un Land militaire équipé d'une mitrailleuse chargée, les soldats portent un casque et un gilet pare- balles. Nous nous faisons contrôler par la police pendant ¾ d'heure. 15 km plus loin, les militaires nous arrêtent, le contrôle dure 2 heures. Ils nous demandent ce que nous Blindéfaisons ici, pourquoi nous ne restons pas sur la côte ? ? ? Ils nous imposent, pour finir, de rejoindre Kemaliye (sur la rive droite) et de prendre un hôtel, car il y a des " dangerous terrorist " dans la région de Tuncelli. Nous aurons 5 contrôles, dont une fouille des véhicules, dans la journée.Gorge Euphrate Les gorges sont vraiment magnifiques, cela vaut largement les tracas militaires. Pour le repas de midi, nous nous arrêtons près d'un village en ruine. Chose curieuse, le village ne semble pas être très vieux, certains toits en tôles ondulées ne sont pas très rouillés. Nous apercevons deux militaires qui nous observent, nous en concluons rapidement que ce village a été détruit par l'armée … Nous arrivons tard à Kemaliye (pour cause de contrôles militaires), c'est une petite ville digne des Alpes avec ses petits chalets. Nous visitons la ville le lendemain matin, puis nous partons vers Divrigi (la route est goudronnée) avec sa mosquée hôpital très vielle. Nous passons aussi devant un minaret en bois. Nous continuons la boucle par Arapkir (ville sans grand intérêt) Minaret en boispar la piste, puis nous remontons vers Illiç, via Kémaliye, par la route. Nous prenons la piste en direction de Kemah, sur la rive gauche de l'Euphrate. Nous arrivons sur un cul de sac, il se fait tard et nous demandons au villageois un lieu de bivouac. Nous avions localisé une passerelle au-dessus de la rivière, mais ils nous proposent de s'installer dans la cour de l'école détruite par les Kurdes. Une heure après notre installation, les habitants reviennent et nous informent que la police vient de téléphoner au maire pour nous avertir que la passerelle était minée par les militaires la nuit et qu'il ne fallait pas bouger du bivouac. Nous ne savons pas qui a informé la police de notre présence dans ce village, mais il en résulte que l'on est suivi. La nuit fut un peu agitée, nous sommes réveillés par un bruit énorme, de chars, d'hélicoptères, nous ne le savons pas. Des lumières balayent la tente de toit. Nous sortons un peu affolés, est-ce des manœuvres militaires contre les actions des " dangereux terroristes " ? ? ? Non, c'est simplement la motrice diesel du train de la mine qui remonte la voie ferrée à pleine charge … Piste EuphrateNous reprenons la piste le lendemain matin et commençons à bien jardiner (les cartes sont très imprécises). Nous nous trompons et prenons une piste entièrement ravinée et trialisante pour descendre au bord de l'Euphrate. Elle est coupée. Il faut revenir en sens inverse, les paysages sont ensuite somptueux. Nous arrivons enfin à Erzincan et notre parcours commun avec Pascal s'achève. Pascal repart vers l'Ouest et nous nous dirigeons en solo vers la frontière iranienne à Dogubayazit, en face du mont Ararat.

Mont Ararat Nous recevons une balle en plastique sur la voiture lancée par un gamin qui s'enfuit immédiatement dans les rues de Dogubayazit. Un adulte vient s'excuser du geste du gamin. Nous nous installons ensuite sur une aire de pique- nique pour passer la nuit juste à côté du Palais Ishak Pacha. Isack Pasha

 

Nous visitons le palais le lendemain, puis allons voir un cratère formé (soi- disant) par la chute

 

 

d'un météore, juste à la frontière iranienne.Météor

 

 

 

 

 

 

Nous prenons la direction du lac de Van. Van est une ville peu intéressante et très polluée. Le lac est superbe, d'un bleu très profond. Nous nous arrêtons au camping tenu par Ibrahim en face du ferry d'Akdamar. Le patron parle français. Le Lac Vancamping est très sommaire, mais il est gratuit, il suffit de consommer à son bar ou à son restaurant (spécialités kurdes très bonnes ou poissons fraîchement pêchés dans le lac). Les prix sont très raisonnables pour les Français. Nous prenons le ferry pour visiter l'église arménienne située sur une île.Eglise Arménienne L'église est belle, mais laissée à l'abandon, les touristes (turcs principalement) la dégradent (graffitis sur les murs, déjections diverses partout), des bas -reliefs sont volontairement abîmés (Adam et Eve n'ont plus de visages). Nous prenons ensuite un bain dans l'eau du lac de Van. Le lac de Van n'a pas de cours d'eau pour vider son trop- plein, il est continuellement alimenté par des rivières, mais son niveau est stabilisé uniquement par l'évaporation. L'eau est donc très minéralisée et alcaline, quand on nage dedans, elle donne une impression d'être baveuse, elle est gluante et décape la peau.

 

 

Nous continuons le tour du lac de Van en passant par le volcan duLac Volcan Nemrut Dagi Nemrut Dagi (ce n'est pas le même que précédemment). Nous cherchons la piste pour y accéder, la piste indiquée sur la carte IGN n'existe pas, mais une route située plus à l'Ouest est construite. Au sommet du volcan se trouve, dans le cratère, un lac, avec de nombreux lieux de bivouacs. Nous nous dirigeons ensuite vers Dogubayazit pour y passer la nuit. Dès l'entrée de la ville, j'évite un jet de pierre, j'en évite un second en centre ville. Cela fait quatre fois qu'on nous jette divers objets dans cette ville (nous n'avions reçu qu'une pomme pourrie par un groupe de jeunes dans le centre du pays, certainement plus par défi entre eux que par méchanceté, des femmes, ayant vu la scène, ont disputé les jeunes). Je décide d'aller voir la police et leur faire part de mon mécontentement (pas de dépôt de plainte, ce n'était pas mon but, mais de les faire réagir). Nous sympathisons avec un policier, qui nous invite à prendre le petit déjeuner le lendemain matin. Puis direction Kars, le long de la frontière arménienne. La ville est totalement inintéressante, nous partons en direction de Yusufeli. YusufeliRoutes magnifiques avec quelques forteresses en ruines. Nous faisons le tour des églises géorgiennes, en direction d'Adanuç, par les pistes, la carte IGN une boussole et un peu de bon sens permet de se retrouver. Les paysages sont très verts. Le retour se fait par une petite route passant par un col de 2600 m. La route est truffée de nids de poule. Au sommet, les yaylas sont installées pour l'été. Nous redescendons sur Ardahan et amorçons la boucle de retour vers Yusufeli. Le route indiquée par la carte se transforme en une mauvaise piste boueuse et ravinée. YusufeliNous franchissons un col à 2700 M. Les paysages sont grandioses. Retour sur Yusufeli. Direction Ispir, les paysages sont de toute beauté. Nous nous dirigeons ensuite vers la mer noire, entre Rize et Trabzon, nous passons des champs de thé aux forêts de noisetiers. Nous cherchons un camping vers Sumela, le premier, sélectionné par le Lonely Planet, Sumela Camping, est hors de prix (80 FF pour 4 personnes et loger sur un parking) nous leur disons que nous avions payé moins de 20 FF dans tout le reste de la Turquie, il se moque de nous devant leurs compatriotes. Nous trouverons un petit camping très sympathique un peu plus loin, en direction du monastère, dans la vallée, non loin des bassins de truites d'élevage. Il est signalé par des panneaux et indique que l'on peut manger des truites. Les sanitaires sont très propres, le repas de truites très bon,tout cela pour seulement 60 FF à 4. SumelaLa visite du monastère est agréable, passage à pied par les sous- bois, mais la restauration du monastère est digne d'un Mas provençal (l'expression n'est pas de moi). Ne pas faire comme nous, ne pas se laisser tenter par les restaurants en bas du monastère, car les prix sont incomplets (on commande un plat et un accompagnement, ils servent l'accompagnement, puis le plat avec sauce et un autre accompagnement non demandé, mais facturé …). Nous reprenons la route du petit camping aux truites, puis nous nous enfonçons dans la montagne pour contourner le parc de Sumela. C'est une piste, avec un mélange de forêts, de végétations denses et de cascades, très agréable. Nous montons à plus de 2000 m dans un véritable jeu de pistes (carte IGN peu précise) sur les plateaux de hauts alpages. La journée fut longue, mais bien remplie. Maintenant, nous devons nous rendre à Almus, afin de rejoindre Marianne et Christophe qui ont choisi de voyager en Turquie avec Tag. Sur la route, une BMW me double et me fait comprendre de m'arrêter. La voiture est immatriculée dans le 84, c'était un " voisin ", Turc, du Pontet, à côté d'Avignon, qui voulait parler du pays. Nous nous donnons un rendez-vous en France après avoir refusé son invitation.Piste Nous arrivons enfin à Almus où nous retrouvons Marianne et Christophe ainsi que les autres membres de Tag. Le point de bivouac est modifié, car nous sommes près d'un barrage. Nous partons chercher le nouveau bivouac, quand un Land militaire nous fait des appels de phares et demande de nous arrêter. Que se passe t-il, rien, ils viennent (une dizaine d'hommes en armes) nous montrer le chemin du bivouac. Le lendemain, nous prenons notre temps pour partir, alors que l'organisation Tag prend le départ. Nous décidons enfin de partir, quand, après 3-4 km, une durite de chauffage perce. Je m'arrête au bord de la route et commence à résoudre le problème. Deux camions s'arrêtent pour prêter main-forte, mais ils n'ont pas de durit avec eux. J'ai la tête sous le capot quand j'entends un bruit étrange tourner autour de la voiture. Deux Land de l'armée sont arrivés avec une vingtaine d'hommes équipés de mitraillettes chargées qui entourent le Land au pas de charge. Le 4x4 se trouve maintenant sous la (très) haute surveillance de l'armée turque. Deux militaires s'approchent de moi et me font signe de m'écarter de la voiture. Les deux hommes passent de part et d'autre de la voiture et enlèvent le capot, puis montent dans le moteur. L'un d'eux me pose la question " where is the problem … ". Et voilà qu'ils effectuent la réparation à ma place (les conduits de chauffage ont été shuntés). La réparation finie, ils s'en vont dans la direction d'où ils venaient. Ils m'ont juste demandé de partir (rapidement) et de trouver un garagiste dans la ville d'à côté.Train

Le voyage touche à sa fin et nous rentrons par la côte Ouest, où nous retrouvons le tourisme de masse avec ses inconvénients (je ne m'étendrai pas plus sur cette zone :o( ).

CONCLUSION : 13 000 km parcourus, dont plus de 9 000 km en Turquie. Coût du voyage : environ 18 000 FF (2750€) pour 4 personnes, bateau, autoroute, nourriture, gasoil, camping et visites compris. Le pays est très grand, la zone kurde n'est pas totalement sécurisée, donc les liaisons par le goudron sont très longues. Si vous n'avez pas de volonté particulière à visiter telle ou telle région, et que vous voulez goûter aux pistes turques, je vous conseille la région de la mer noire, avec ses montagnes et ses cols, les gorges de l'Euphrate (rive gauche, elle est plus jolie) et les monts Taurus (nous ne les avons pas fait, mais on nous les a conseillés). L'armée ne présente pas une grosse gêne, ils sont là pour notre sécurité, même si on les dérange. L'infrastructure routière est en plein développement, il est facile de parcourir le pays avec une voiture de tourisme (n'est-ce pas Patrick) ou en camping-car.

   

Renseignements généraux :

Change : 1 000 000 Livres Turques = 4 FF à ce jour (nous avions perdu 5 centimes en un mois…).

Carburant : tous les carburants sont disponibles. Prix : à peine inférieurs à ceux pratiqués en France : ex : GO 1 200 000 LT. On trouve du carburant partout en Turquie, mais dans l'Est le GO est moins bien raffiné, il émet une vielle odeur de tracteur à l'échappement.

Cartes : la carte IGN au 750 000 ème est imprécise, principalement au niveau des tracés de pistes ou de routes secondaires. Les pistes tracées entre les villages sont souvent fantaisistes. Une belle route marquée sur la carte peut se transformer en une piste entièrement défoncée. Nous avons même trouvé une superbe 4 voies de 3-4 km de long encadrée par deux pistes difficiles. Les reliefs sont imprécis, on ne peut pas trop se fier au terrain pour se localiser sur la carte. Par contre, les villes et villages marqués sur la carte sont correctement placés et peuvent faire des points de référence pour le GPS, mais attention, les noms des villes peuvent être inversés. Ce phénomène s'accentue plus on va vers l'Est. Les cartes allemandes au 500 000 ème sont plus précises dans les erreurs. Elles ne donneront pas plus de pistes, car elles sont aussi fausses que celles de la carte IGN. Mais il y a plus de villages d'indiqués.

Traversée de la méditerranée :

il existe différentes lignes : Brindisi Cesme : on arrive directement d'Italie en Turquie, mais par le milieu de la côte, ce n'est pas le chemin le plus direct si on veut commencer par la mer noire.

Ancône Igouménitza : d'Italie, on arrive en Grèce. Il faut traverser la Grèce, mais Ancône est moins loin que Brindisi et on arrive directement à Istanbul.

Douane : il faut un passeport valable 6 mois après la sortie. Une taxe de 8 € est demandée pour l'entrée et la sortie du véhicule.

Vaccin : aucun vaccin particulier n'est nécessaire, léger risque de paludisme (mais sans gravité) dans la zone syrienne.

Sécurité : l'Ouest du pays ne présente aucune difficulté pour les bivouacs (sauf près des sites touristiques, où nous nous sommes fait déloger par les militaires à 10 heures du soir). L'Est du pays est encore sous la menace terroriste de l'ex- PKK. La région de Tuncelli est sous une très forte pression militaire. Les touristes y sont mal venus. Les militaires vous conseillent de traverser la région très rapidement et de ne surtout pas bivouaquer dans les montagnes. Les contrôles (pouvant atteindre 2 heures) sont très fréquents (jusqu'à 5 dans la journée), mais toujours avec le sourire, un thé et de l'eau fraîche (mais toujours la mitraillette chargée). On nous avait conseillé de bivouaquer dans les gorges de l'Euphrate à plusieurs voitures. Après notre passage, il me semble que cette précaution ne soit plus nécessaire, du moins sur la rive droite de l'Euphrate (la rive gauche faisant partie de la région de Tuncelli). Il est déconseillé de bivouaquer dans l'Est du pays (nous avons fait un bivouac au bord de la frontière iranienne sur un parking à côté du site d'Ishak Pacha et nous avons regretté de ne pas avoir bivouaquer sur le volcan du Nemrut Dagi, près du lac de Van), ainsi que le long de toutes les frontières (sur une bande de 100 km). Si vous êtes coincés par le temps, il y a quelques campings, il est possible de camper devant les hôtels, moyennant quelques modiques finances ou sur le parking d'une station service ouverte 24h/24h. Les conditions militaires évoluent très vite dans cette région, des informations qui dataient d'à peine 6 mois étaient déjà caduques. Globalement, j'ai la forte impression que les militaires ont pour ordre de simplifier la vie des touristes étrangers, mais nous les dérangeons, nous avons souvent eu la réflexion : " que faites-vous ici, il y a de très beaux endroits dans l'Ouest de pays, sur la côte méditerranéenne ".

Camping : la plupart du temps, nous avons négocié le camping, avec douches chaudes, à 5 millions LT (20 FF) à quatre. Pourquoi s'en priver ! Ils sont peu fréquents dans l'Est. Certains sont même gratuits, ils demandent juste de prendre une consommation (prix modique). Le prix des campings augmentent quand on s'approche des zones très touristiques. L'électricité est semblable aux normes françaises, en 220 V, mais avec des prises comme les nôtres avec terre, mais sans la fiche pour la terre.

Nourriture : se nourrir en Turquie ne revient pas cher. Je conseille vivement les Lokantas (ou Lokantasis), sortes de routier où l'on y mange bien pour pas cher (40 FF à 4 avec plat principal, légumes et boissons). Les restaurants sont plus chers, il convient de négocier les prix avant. Dans l'Est, les gastros sont plus fréquentes (et tenaces). Il ne me semble pas qu'elles proviennent des lokantas, même si leur aspect extérieur semble moins engageant que les restaurants. Mais je me méfierais plus de ces derniers, car sous leur bel aspect, le touriste n'est que de passage et le débit plus faible (ils n'ont pas beaucoup de réfrigérateurs). N'oubliez pas les médicaments contre la gastro, et prenez- en beaucoup… Pour l'alcool, de nombreuses boutiques spécialisées en vendent (TEKEL). On les reconnaît avec leur panneau marqué : EFES PILSEN. Le prix est fixe pour le raki (8 000 000 LT), variable pour la bière (900 000 à 1 250 000 LT la canette de ½ litre fraîche). Le vin est de qualité variable, le Doluca est un vin correct pour 8 000 000 LT. L'eau se trouve facilement partout, principalement en montagne où il y a beaucoup de fontaines au bord des routes.